Par Jérôme Delvaux
La troisième sortie officielle des Bollock Brothers est un double LP live enregistré en 1983 en Belgique, en festival à La Panne, mais aussi à Madrid, à La Haye et à la mythique Batcave de Londres. Réédité une seule fois en CD, en 1989, il est aujourd’hui devenu presque totalement introuvable, même en seconde main. A tel point qu’un farouche opposant au téléchargement illégal comme moi a dû se résoudre à installer Soulseek pour pouvoir se le procurer…
Et je ne le regrette pas une seconde car ce Live performances est vraiment un disque à part dans la discographie des Bollock Brothers. Enregistré à l’époque où ils commençaient à s’imposer grâce au succès, coup sur coup, de leur LP inaugural, The last supper, et de leur album de reprises électro de Never mind the bollocks des Sex Pistols, cette collection de (faux) bootlegs est l’un des disques les plus foutrement rock’n’roll qui me soit passé dans les mains (une expression qui ne convient pas vraiment pour un download illégal, mais passons).
Bourré de samples abracadabrants, de bidouillages foutraques et d’interventions décalées d’un Jock McDonald passablement ivre au micro, Live performances s’ouvre par une version d’anthologie de The slow removal of Vincent Van Gogh’s left ear. Geordie et Youth, respectivement guitariste et bassiste de Killing Joke, jouaient sur la version originale en studio. Sur scène, à la côte belge, on retrouve Keith Bradshaw à la basse et Richard Collins et Keith Lewis aux guitares, soutenus par un orgue halluciné qui rappelle par moments le son des premiers Doors. Leur jeu est moins lourd, moins pesant et moins précis que celui de leurs confrères de Killing Joke. Ils proposent en vérité une version plus chaotique, plus speedée, plus psyché serais-je tenté de dire. Pour moi, la version studio de Van Gogh (disponible sur le Best of The Bollocks sorti en 1999) et celle du live sont complémentaires : elles offrent deux facettes d’un même petit chef-d’œuvre instrumental.
Le morceau suivant, Loose, est une reprise totalement crade des Stooges (de l’album Fun house). En bon écossais, Jock McDonald l’introduit en insultant Londres, la ville où il réside : « London is a fucking shit-hole of a town ». A un spectateur qui lui répond en gueulant « We’re all shit ! », il assène : « I’ve smoked a lot of it tonight ». Le ton est donné. Le morceau peut débuter sur les chapeaux de roue... pour ce qui se révèlera être une version encore plus décadente que celle d’Iggy et ses Stooges - avec à nouveau cet orgue à la Manzarek à l’avant-plan.
Et puis les tubes s’enchainent : Horror movies, jouée de façon beaucoup plus punk et énervée que sur le single (poppy et sans aspérités) ; le hit The bunker, devenu un classique de la new wave ; le faussement moralisateur The last supper, mais aussi - et surtout - une version de neuf minutes de Reincarnation of qui part en free-style total avec un Jock McDonald délirant en guise de… réincarnation de Jim Morrison - tellement délirant que le morceau n’a très vite plus grand-chose à voir avec l’original.
Les titres suivants (en fait le second LP de la première édition en vinyle) sont tous tirés du concert à la Batcave de Londres. La Batcave, c’est cette boîte new wave de Soho qui servit de QG à la scène gothic-rock britannique à partir de 1982 (au point d’avoir donné son nom à un de ses sous-genres). Fréquentée par tout ce que la capitale anglaise comptait de musiciens alternatifs (Robert Smith, Siouxsie Sioux, Marc Almond et Nick Cave en étaient tous des habitués), la Batcave constituait une halte obligatoire pour tous les groupes post-punk de l’époque. De passage un beau soir de 1983, les Bollock Brothers y présentèrent un set essentiellement axé sur leurs reprises d’électro beurrée des Sex Pistols : New York, Holidays in the sun, Problems, Pretty vacant, God save the Queen (les deux dernières avec au chant Michael Fagan, un déséquilibré devenu célèbre après avoir réussi à s’introduire dans la chambre à coucher de la Reine Elisabeth II). Et c’est peu dire qu’ils les massacrent, ces hymnes des Pistols. Délibérément et avec un talent certain pour les relectures électro bon marché. Peaches n’aurait pas fait mieux.
Oser sortir un live pareil, aussi crade, aussi brailleur, aussi furieux, aussi suintant d’alcool, était une démarche totalement punk, de la part du groupe comme du label. L’écouter aujourd’hui donne juste envie d’aller se bourrer la gueule dans un bar glauque en regardant un groupe de sous-Iggy Pop ou de grossiers avatars des Pistols jouer les deux seuls accords qu’ils connaissent et se rouler au sol en hurlant… (ou de le faire soi-même). Ca fait du bien par où ça passe... On sait d’avance qu’on aura un mal de tête insupportable le lendemain matin, mais we don’t care !
Showing posts with label Press France. Show all posts
Showing posts with label Press France. Show all posts
Tuesday, February 16, 2010
Monday, February 8, 2010
Nick Leeson - Portrait
Nick Leeson, 32 ans, le trader qui a mis en faillite la banque Barings, raconte ses petites affaires dans son autobiographie. Le cave du siècle.
Portrait: LECADRE Renaud
Le 3 juillet 1999, Nick Leeson débarquait à l'aéroport de
London-Heathrow. Après quatre ans et demi passés en prison à Singapour, le trader déchu de la banque Barings pouvait enfin goûter ce doux retour dans la mère patrie. Sitôt dans le hall, deux huissiers lui tendent un papier bleu: une injonction à payer 100 millions de livres, plus de 10 milliards de francs. Il va falloir réparer une partie des dégâts.
La semaine dernière, Nick Leeson recevait dans un salon de l'hôtel Royal Monceau, en pleine tournée promotionnelle. Après l'autobiographie, Trader Fou, le film, Trader tout court. «Le livre a payé mes frais d'avocats, un million de livres. Quant au film, j'ai juste cédé les droits d'adaptation, 15 000 livres, pour payer les frais de déménagement de Lisa après notre divorce.» Un bataillon d'avocats est là pour monnayer ses moindres faits et gestes. Profitant d'un instant de relâchement, on a obtenu une heure gratuite quoique fort matinale pour un samedi avec Nick Leeson.
Il se plie gentiment à l'exercice, une thérapie, dit-il, avant de glisser finalement qu'il se moque du regard des autres. Dans son livre, l'ancien trader confesse volontiers qu'il est un escroc, un criminel. Nick Leeson n'a jamais été ce financier vedette dont les positions hardies sur le marché à terme auraient finalement mal tourné. «Tout est bidon.» Depuis le début, il planquait ses pertes sur un compte secret. Elles n'ont fait qu'amplifier, la logique des produits dérivés leur a donné une existence propre. Nick Leeson n'en revient toujours pas: «Il ne s'est pas passé un seul jour sans que je me dise: ça y est, ils vont enfin m'arrêter.» Cette scène, lui, cerné par les flics, traversant la Bourse de Singapour les mains en l'air, il l'a souvent rêvée. Elle devait mettre fin au cauchemar. Le stress qui transpire au fil de son récit est contagieux, tant le final a tardé à venir.
Nick Leeson ne renonce à l'autoflagellation que pour moquer les autorités de tutelle. «Elles m'ont décrit comme un escroc pour masquer leur incompétence. On dit que j'ai caché, c'est faux! Simplement, ils n'ont pas su trouver.» Ses patrons de Barings, dont les revenus étaient indexés sur ses plus-values fictives, ne pouvaient tout simplement pas lui demander des explications: ils ne comprennent rien aux marchés dérivés. Pour l'édification des futures générations de banquiers, il va prochainement donner une conférence devant la Global Association of Risk Professionals. «J'ai quelques idées sur la question"» On s'arrache l'homme par qui la catastrophe est arrivée. Une banque à Amsterdam tient à lui donner un bureau. Lui ne sait plus trop, il aimerait bien entraîner une jeune équipe de foot du nord de l'Angleterre, boire des bières avec ses potes, mais son image ne lui appartient plus. A Hong-Kong, une boisson baptisée en son honneur The bank braker cocktail obtient un franc succès. Aux Etats-Unis, un groupe de rock, The Bollock Brothers, se vante à intervalles réguliers d'enregistrer un disque avec Nick Leeson, une version destroy de My Way. «Ils se font leur propre pub. Que faire?» Rien.
Le regard de ses anciens collègues de Barings est fluctuant. Un type sympa qui travaillait dans la salle des marchés à Londres l'a remercié pour lui avoir donné une «bonne leçon», maintenant prémuni contre le syndrome trader fou. Les autres préfèrent l'éviter. «Je peux comprendre, ils ont une carrière à mener.»
Seul paraît finalement compter le regard de l'ex-Mme Leeson. Sujet délicat, sur lequel il est toujours curieux de constater combien certains Anglais l'habitude de la presse populaire? sont malgré tout capables de s'épancher. Lisa, donc. Dans son livre, Nick avait lourdement insisté: non, elle n'était pas dans la confidence; oui, il avait honte d'être incapable de lui parler de ses ennuis. Fatalement, cette insistance est apparue suspecte, le signe a contrario qu'ils étaient de mèche, que Lisa devait paraître en dehors du coup pour récupérer l'argent planqué dans une banque. En Allemagne, affirmait la presse britannique. «Conneries complètes. On a même enquêté sur une piste en Afrique du Sud, où je n'ai jamais mis les pieds.» Leur union était déjà brinquebalante, et il faudrait en plus qu'on la pourrisse. Début 1996, Lisa Leeson a cessé d'écrire à son mari emprisonné. Lequel se doute, accuse le coup: «L'incertitude était trop forte.» A sa sortie de prison, les rôles sont inversés: Lisa veut parler, Nick estime que ce n'est plus absolument nécessaire. Un détail l'embête: son éditeur et les avocats qui vont avec insistent pour qu'il rédige un dernier chapitre racontant leur divorce pour l'édition américaine. «J'ai pas envie, mais on m'oblige.» Pauvre pantin articulé, il met la dernière main à la commande. Les liquidateurs de Barings lui laissent 3 000 livres par mois (30 000 francs environ), le surplus comble méthodiquement le trou, estimé à 850 millions de livres. En 2001 si tout va bien, les commissaires aux comptes seront condamnés à de colossales indemnités pour n'avoir rien vu venir. Nick Leeson pourra alors être quitte.
Avant de devenir trader, l'ami Nick ne rechignait pas au déshabillage en public. A Watford, au pub, quéquette à l'air avec les copains. Pour rire, puisqu'il faut bien s'amuser après le travail, trouver prétexte à bagarre générale. A Singapour, pareille expérience avait failli dégénérer pénalement: les autorités locales ne rigolent pas avec les attentats à la pudeur. Déjà, Nick Leeson avait songé à s'enfuir" De retour en Angleterre, il expose aujourd'hui son cancer du côlon, fruit du stress et de la malbouffe propres aux traders surmenés. «Ma vie est déjà sur la table, il n'y a plus rien à cacher.» Cette absence de pudeur est une bénédiction pour les deux associations de lutte contre le cancer qui ont fait de Nick Leeson leur porte-drapeau. Outre-Manche, les sexes s'exhibent plus volontiers que les maladies. Il a entamé un tour du royaume, décomplexant les cancéreux, dénonçant les carences du système de santé britannique, «le pire du monde développé».
La prison, antichambre de la rédemption? Nick Leeson ne la souhaiterait à personne. Les geôles de Singapour sont réputées pour être les plus «sécurisées» au monde: «Tout est conçu pour y passer un sale moment.» Un séjour de 26 jours au mitard, suite à un problème de voisinage, a déclenché la maladie. Il a vraiment cru mourir. Récemment, le président du Charity Colon Trust, l'une des associations de lutte contre le cancer, lui a dit ceci: «Vous êtes la meilleure chose qui nous soit jamais arrivée.» L'homme qui parle de la sorte se nomme Richard Hambro, de la banque Hambro, ami intime de la famille Baring. On peut considérer que l'incident est clos.
Portrait: LECADRE Renaud
Le 3 juillet 1999, Nick Leeson débarquait à l'aéroport de
London-Heathrow. Après quatre ans et demi passés en prison à Singapour, le trader déchu de la banque Barings pouvait enfin goûter ce doux retour dans la mère patrie. Sitôt dans le hall, deux huissiers lui tendent un papier bleu: une injonction à payer 100 millions de livres, plus de 10 milliards de francs. Il va falloir réparer une partie des dégâts.
La semaine dernière, Nick Leeson recevait dans un salon de l'hôtel Royal Monceau, en pleine tournée promotionnelle. Après l'autobiographie, Trader Fou, le film, Trader tout court. «Le livre a payé mes frais d'avocats, un million de livres. Quant au film, j'ai juste cédé les droits d'adaptation, 15 000 livres, pour payer les frais de déménagement de Lisa après notre divorce.» Un bataillon d'avocats est là pour monnayer ses moindres faits et gestes. Profitant d'un instant de relâchement, on a obtenu une heure gratuite quoique fort matinale pour un samedi avec Nick Leeson.
Il se plie gentiment à l'exercice, une thérapie, dit-il, avant de glisser finalement qu'il se moque du regard des autres. Dans son livre, l'ancien trader confesse volontiers qu'il est un escroc, un criminel. Nick Leeson n'a jamais été ce financier vedette dont les positions hardies sur le marché à terme auraient finalement mal tourné. «Tout est bidon.» Depuis le début, il planquait ses pertes sur un compte secret. Elles n'ont fait qu'amplifier, la logique des produits dérivés leur a donné une existence propre. Nick Leeson n'en revient toujours pas: «Il ne s'est pas passé un seul jour sans que je me dise: ça y est, ils vont enfin m'arrêter.» Cette scène, lui, cerné par les flics, traversant la Bourse de Singapour les mains en l'air, il l'a souvent rêvée. Elle devait mettre fin au cauchemar. Le stress qui transpire au fil de son récit est contagieux, tant le final a tardé à venir.
Nick Leeson ne renonce à l'autoflagellation que pour moquer les autorités de tutelle. «Elles m'ont décrit comme un escroc pour masquer leur incompétence. On dit que j'ai caché, c'est faux! Simplement, ils n'ont pas su trouver.» Ses patrons de Barings, dont les revenus étaient indexés sur ses plus-values fictives, ne pouvaient tout simplement pas lui demander des explications: ils ne comprennent rien aux marchés dérivés. Pour l'édification des futures générations de banquiers, il va prochainement donner une conférence devant la Global Association of Risk Professionals. «J'ai quelques idées sur la question"» On s'arrache l'homme par qui la catastrophe est arrivée. Une banque à Amsterdam tient à lui donner un bureau. Lui ne sait plus trop, il aimerait bien entraîner une jeune équipe de foot du nord de l'Angleterre, boire des bières avec ses potes, mais son image ne lui appartient plus. A Hong-Kong, une boisson baptisée en son honneur The bank braker cocktail obtient un franc succès. Aux Etats-Unis, un groupe de rock, The Bollock Brothers, se vante à intervalles réguliers d'enregistrer un disque avec Nick Leeson, une version destroy de My Way. «Ils se font leur propre pub. Que faire?» Rien.
Le regard de ses anciens collègues de Barings est fluctuant. Un type sympa qui travaillait dans la salle des marchés à Londres l'a remercié pour lui avoir donné une «bonne leçon», maintenant prémuni contre le syndrome trader fou. Les autres préfèrent l'éviter. «Je peux comprendre, ils ont une carrière à mener.»
Seul paraît finalement compter le regard de l'ex-Mme Leeson. Sujet délicat, sur lequel il est toujours curieux de constater combien certains Anglais l'habitude de la presse populaire? sont malgré tout capables de s'épancher. Lisa, donc. Dans son livre, Nick avait lourdement insisté: non, elle n'était pas dans la confidence; oui, il avait honte d'être incapable de lui parler de ses ennuis. Fatalement, cette insistance est apparue suspecte, le signe a contrario qu'ils étaient de mèche, que Lisa devait paraître en dehors du coup pour récupérer l'argent planqué dans une banque. En Allemagne, affirmait la presse britannique. «Conneries complètes. On a même enquêté sur une piste en Afrique du Sud, où je n'ai jamais mis les pieds.» Leur union était déjà brinquebalante, et il faudrait en plus qu'on la pourrisse. Début 1996, Lisa Leeson a cessé d'écrire à son mari emprisonné. Lequel se doute, accuse le coup: «L'incertitude était trop forte.» A sa sortie de prison, les rôles sont inversés: Lisa veut parler, Nick estime que ce n'est plus absolument nécessaire. Un détail l'embête: son éditeur et les avocats qui vont avec insistent pour qu'il rédige un dernier chapitre racontant leur divorce pour l'édition américaine. «J'ai pas envie, mais on m'oblige.» Pauvre pantin articulé, il met la dernière main à la commande. Les liquidateurs de Barings lui laissent 3 000 livres par mois (30 000 francs environ), le surplus comble méthodiquement le trou, estimé à 850 millions de livres. En 2001 si tout va bien, les commissaires aux comptes seront condamnés à de colossales indemnités pour n'avoir rien vu venir. Nick Leeson pourra alors être quitte.
Avant de devenir trader, l'ami Nick ne rechignait pas au déshabillage en public. A Watford, au pub, quéquette à l'air avec les copains. Pour rire, puisqu'il faut bien s'amuser après le travail, trouver prétexte à bagarre générale. A Singapour, pareille expérience avait failli dégénérer pénalement: les autorités locales ne rigolent pas avec les attentats à la pudeur. Déjà, Nick Leeson avait songé à s'enfuir" De retour en Angleterre, il expose aujourd'hui son cancer du côlon, fruit du stress et de la malbouffe propres aux traders surmenés. «Ma vie est déjà sur la table, il n'y a plus rien à cacher.» Cette absence de pudeur est une bénédiction pour les deux associations de lutte contre le cancer qui ont fait de Nick Leeson leur porte-drapeau. Outre-Manche, les sexes s'exhibent plus volontiers que les maladies. Il a entamé un tour du royaume, décomplexant les cancéreux, dénonçant les carences du système de santé britannique, «le pire du monde développé».
La prison, antichambre de la rédemption? Nick Leeson ne la souhaiterait à personne. Les geôles de Singapour sont réputées pour être les plus «sécurisées» au monde: «Tout est conçu pour y passer un sale moment.» Un séjour de 26 jours au mitard, suite à un problème de voisinage, a déclenché la maladie. Il a vraiment cru mourir. Récemment, le président du Charity Colon Trust, l'une des associations de lutte contre le cancer, lui a dit ceci: «Vous êtes la meilleure chose qui nous soit jamais arrivée.» L'homme qui parle de la sorte se nomme Richard Hambro, de la banque Hambro, ami intime de la famille Baring. On peut considérer que l'incident est clos.
Subscribe to:
Posts (Atom)